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DÉZORIENTAL, couleurs de l'Orient à Saint-Etienne

Rencontre avec le groupe "DéZOriental" || CMTRA : DéZOriental, c'est l'indication du pluriel ou d'une perte de repères ? Alaoua Idir : Les deux, c'est une perte de repère, dans le sens de désorienté, des "orientaux" mal orientés...

Abdel Sefsaf : Dans Dezoriental on peut entendre plein de choses : désordre, désert ou désorienté. C'est effectivement ce que l'on souhaitait faire passer comme idée, une musique qui se réoriente, qui cherche un nouvel Orient... C'est pas exactement une musique orientale au sens traditionnel du terme, c'est une musique &laqno; dezoriental » parce qu'elle subit différentes influences musicales.

C'est plus un souvenir de musique orientale qui passe par le filtre de notre culture quotidienne, ça donne une musique avec différentes couleurs, avec par exemple la rencontre d'un instrument comme l'accordéon de Jean-Luc qui vient du classique.

Jean-Luc Frappa : En fait c'est l'expression de notre vision de la musique orientale, de la rencontre de chacun de nous avec l'orient. CMTRA : Ces souvenirs de musique orientale sont inscrits pour vous dans les musiques éditées ou dans un bain de concerts et de pratiques vivantes ?

A.I : Dans certains de nos morceaux, j'ai l'impression d'entendre des choses que mes parents écoutaient quand j'étais gamin et auquel je ne prêtais aucune attention. Je les retrouve dans certaine idées qu'amène Abdel parfois proches d'une certaine forme de chant traditionnel et que nous réactualisons à la sauce Dezo.

A.S : Nos parents n'écoutaient que ça d'ailleurs, c'était le cordon ombilical qui les reliait au bled. Avec un peu de Claude François de temps en temps mais c'était très rare ! C'est cette Algérie que nous avons en commun avec Alaoua . Et c'est la même histoire, il y a quinze ans de ça il ne fallait pas me parler de musique orientale, parce qu'on était plutôt reggae à l'époque. La musique arabe c'était la musique de nos mères avec les vedettes de l'époque, Mazouni, Rabah Driassa et de nos grandes soeurs avec Idir, Imaziren Imula, Djamel Allam etc. ou encore de nos pères avec Sliman Arzem ou Dahman Harachi. Et ce sont ces mêmes musiques qui retrouvent aujourd'hui leurs lettres de noblesse, avec par exemple les reprises des chansons de Sliman Arzem, Aït Menguel et Idir par Zebda, 100% Collègue, Rachid Taha, l'O.N.B et bien d'autres.

Mais malgré notre résistance à la musique arabe quand on était enfant ou ados, il y a eu une imprégnation très forte, par les mariages et les autres fêtes arabes, circoncision, fête de l'aïd... Une imprégnation un peu malgré nous. CMTRA : Aujourd'hui, quels sont les échos de votre musique auprès de la communauté maghrébine ?

A.I : Nous avons placé la composition au centre de notre démarche en mêlant notre culture occidentale à notre orientalité. Pour cette raison, certaines personnes ne s'y retrouveront peut-être pas. Mais dans l'ensemble les retours sont plutôt positifs.

A.S : Je pense qu'il y a à faire ré-entendre la musique orientale auprès de certains jeunes, fils d'immigrés. Il y a seulement cinq ans de ça, on ne pouvait pas imaginer que la musique orientale prendrait une si grande place sur les grandes ondes. Et même si la musique qu'elles diffusent ne nous correspond pas tout à fait, elle a permis d'ouvrir une brèche pour que d'autres groupes puissent s'exprimer. CMTRA : Dans votre rencontre avec cette musique, c'est la composition et l'improvisation qui se sont imposées d'emblée ?

A.I : Forcément nous sommes partis de l'improvisation parce qu'on compose à trois. On écoutait beaucoup de choses différentes, du jazz pour ma part, mais qui se rejoignent étant donné que les jazz men fusionnent énormément avec toutes sortes de styles musicaux et notamment avec la musique orientale.

J-L.F : C'est le côté mélange des instruments, des styles de musique de chacun. Notre intérêt c'était d'essayer de composer quelque chose ensemble. Il n'a jamais été question de reprise ou d'adaptation de tel instrument à telmorceau, c'est chacun avec son instrument, ou Abdel avec le chant, qui amène une touche particulière. C'est pas untel qui amène son morceau pour le travailler en groupe, c'est notre idée à nous. C'est vrai que c'est plus long.

A.S : Ce qui est intéressant je crois c'est d'arriver avec une idée et de la confronter à l'univers des autres. Mais c'est au travers d'une tradition d'improvisation que l'on va vers un Orient très large, notre Orient à nous.

A.I : Très large, parce qu'il ne se limite pas à l'Afrique du Nord, il passe par le Moyen-Orient pour aller jusqu'à l'Inde et le Pakistan. CMTRA : Quels sont vos projets, vous venez de finir un enregistrement ?

A.S : Oui l'enregistrement d'un CD 5 titres qui s'est fait à l'occasion de la rencontre avec Georges Baux qui est à la fois musicien, compositeur, arrangeur et ingénieur du son. Il travaille avec des musiciens d'horizons divers, comme Bernard Lavilliers depuis bientôt huit ans, Les Yeux Noirs, les Fabulous Troubadours, Axel Red... Il compose également beaucoup pour le théâtre. C'était une rencontre véritablement dans les deux sens.

C'est pour ça que ce mini album 5 titres part de notre répertoire avec trois morceaux bien dans notre couleur, pour aller progressivement vers des morceaux plus Trip Hop sur lesquels nous improvisons. Il y a eu aussi la rencontre avec Laurent Guitton qui travaille lui aussi avec plein de musiciens de tendances diverses, en tout premier lieu sa formation d'origine "le Didier Labbé Quartet", mais aussi J-L. Amestoy dans sa formation trio ou encore Michel Marre... Ils sont tous les deux de Toulouse, ce qui fait que maintenant les va-et-vient sont fréquents, mais cela n'est pas désagréable, c'est une belle ville, une ville de rencontres justement.

On a fait un CD 5 titres qui a pour mission de séduire à la fois les producteurs et les diffuseurs. Puis on s'est rencontré autour de la composition alors elle devient une nécessité en soi, elle n'est pas liée à un produit. Du coup il y a treize morceaux qui existent et trois ou quatre idées en l'air. CMTRA : Vous aimeriez provoquer encore davantage de rencontres inattendues avec d'autres traditions instrumentales ?

A.S : A ce niveau, nos envies et notre curiosité sont sans limite parce que c'est un peu &laqno; la ligne conductrice » de notre musique. Bien qu'on ne puisse pas à proprement parler dire qu'il s'agit d'une fusion de plusieurs styles. Par exemple, je ne peux pas me présenter comme un chanteur de la pure tradition orientale et dire, je vais rencontrer un gars qui représente la musique occitane, corse ou autre chose... Mais je peux dire que ce sont des couleurs que nous intégrons éventuellement à nos compositions.

On ne demande pas à Jean-Luc de jouer de l'accordéon &laqno;oriental», même si il le fait admirablement. Ce qui nous intéresse, c'est que son accordéon garde sa couleur d'origine, occidentale. Quelqu'un disait, nous sommes les enfants des gens que l'on rencontre, c'est joliment dit et ça me semble correspondre à notre philosophie. CMTRA : Vous composez aussi vos textes, quels sujets abordez vous?

A.S : Les tout premiers textes, quand il a fallu les écrire, c'était au plus fort des événements en Algérie. Alors j'avais beau me concentrer sur quelques idées joyeuses, je ne parvenais pas à les mettre sur un bout de papier. Il a fallu d'abord exulter, dire tout ce que j'avais à dire sur cette situation tragique. Je remarquais que les chanteurs qui avaient l'occasion de le faire à la télé ne le faisaient pas, ou pas suffisamment, alors j'en rajoutais. J'en ai écrit, comme ça, toute une série on ne les a pas tous utilisés parce que malgré tout, je ne voulais pas donner une couleur unique à nos chansons.

Au delà du drame, la vie est toujours possible et elle peut être belle et insouciante, bien que mes textes questionnent parfois notre avenir. Le présent n'étant pas toujours rose, on peut se poser la question de savoir où on va. Il y a un titre dans le CD, "Watani", qui parle précisément de cela. C'est un peu le morceau emblématique du groupe parce qu'il raconte cette perte d'identité ou cette quête d'identité. Qui ne se passe pas forcément dans la douleur d'ailleurs, c'est plutôt excitant de devoir aller ici ou ailleurs pour savoir où est notre place. Ca me fait plutôt penser à une sorte d'aventurier, un globe trotter qui parcourrait le monde à la recherche de son pays, de sa place, de sa musique. Propos recueillis par Valérie Pasturel Concerts

Les 23/10 - 06/11 - 27/11 au Fanous, à 21h00

53, rue des Tables Claudiennes - 69001 LYON

Tél : 04 78 30 75 52 Contact :

DéZOriental

Tél : 04 77 25 15 25 - 06 12 42 32 59


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