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Lettre d'information n°38. Eté 2000 Robert le Diable sort de son coco
...au festival "Musique au Parc" à Bourg-de-Péage (26)

L'association "La Claire Fontaine" organise depuis 1998 le festival celtique "Musique au Parc" de Bourg-de-Péage. Cette troisième édition propose de découvrir un large éventail des musiques actuelles folk et folk rock.

Le festival c'est aussi la découverte de ce qui fait vivre cette musique, c'est-à-dire la lutherie, les disquaires, la librairie spécialisée ou encore la présence de Trad Magazine, du CMTRA et d'Accordance...

Pour étoffer cette promenade au Parc Mossant, il accueille cette année le photographe Jeff Dantin, les plasticiens d'Uztaro ainsi que les sculptures instrumentales de l'atelier "Le son de la terre ".

Lieu de découvertes et de rencontres avec des amoureux de la musique traditionnelle, le village des exposants donne au festival sa véritable identité.
Joël Bonnet, musicien de ROBERT LE DIABLE, folk-rock, qui se produira sur la grande scène, nous parle du groupe. CMTRA : Joël Bonnet, cela fait quelques années que tu es un musicien amateur, tu as bien connu la période folk des années 70, quels étaient les instruments de base du folk ?

Joël Bonnet : J'ai débuté dans les années 70 avec un groupe qui s'appelait "Grelots Bayou", et avant cela j'étais chauffeur du groupe "Grand-mère Funibus Folk".

A l'époque c'était surtout le violon, l'accordéon diatonique, les cornemuses sont arrivées bien après. J'ai d'ailleurs fait partie de la première vague des personnes qui ont importé les cornemuses de Galice (Saint-Jacques-de-Compostelle).

Les cornemuses n'étaient pas du tout en vogue à cette époque. Par exemple, le uillean pipe ne se jouait pas trop, sauf par Planxty et deux ou trois autres groupes. Maintenant, je trouve que les cornemuses et la vielle à roue sont beaucoup plus présentes. CMTRA : Qu'est-ce qui t'as motivé à t'investir dans cette nouvelle formation "Robert Le Diable" ?

J.B. : J'ai toujours beaucoup aimé le folk, ses sonorités et ses rythmes. J'ai eu une grande période sans musique puisque je suis devenu PDG d'une société d'éclairage de spectacle. Ensuite ma situation professionnelle a changé, ce qui m'a permis d'avoir un peu plus de temps pour me remettre à la musique. Je joue de la gaïta et de l'épinette depuis de nombreuses années, et d'une cornemuse 16 pouces achetée à Bernard Blanc aux Rencontres Internationales de Cornemuses de Saint-Chartier.

Il y a 5 ans, j'ai remonté un groupe "R'Décolline", pour faire du bal folk.. J'aime les bourrées à deux temps, il y en a de très belles, mais écouter des bourrées toute la soirée cela me lasse, j'ai envie que cela explose. C'est ce qui m'a plu dans Robert Le Diable, c'est qu'il y a une base rythmique de batterie et de basse électrique qui apporte une énergie différente du trad. Ce qui est assez drôle finalement parce qu'avant je n'aimais pas la batterie dans le folk. J'ai appris à l'aimer en écoutant des groupes de Bretagne et d'Irlande, parce qu'ils ont introduit la batterie avec plus de finesse, et c'est ce que nous faisons avec Robert Le Diable. La rythmique de la basse jouée par Annie Duflot est plutôt funk, le violon alto, un instrument assez rare qui a un son un peu plus grave que le violon, joué par Christine Courtecuisse utilise quelques effets.

Contrairement aux musiques folks que j'ai connues avant, notre musique ne se contente pas de jouer un air, elle est enrichie musicalement par des contre-chants et des contre-points, et surtout par une certaine liberté que l'on s'accorde dans les parties d'improvisation. CMTRA : Vous partez sur des jeux d'improvisations ?

J.B. : On compose par l'improvisation, par une recherche de jeux. Sur "L'ageasse" qui est une chanson du centre de la France, on a commencé à jouer, à amener des sons différents, et puis à un moment donné le violon s'est greffé avec une belle petite impro. Évidemment, ce sont des impros que l'on travaille par la suite, mais on tient à garder cette ouverture pendant le concert. CMTRA : Pour vos compositions, vous partez d'un répertoire traditionnel ?

J.B. : Nous avons des démarches différentes : j'écris des textes intemporels sur des airs traditionnels, par contre Christine Courtecuisse ou Jean-Michel Delnord (guitariste-chanteur) composent eux-mêmes les textes et les musiques. CMTRA : Tu utilises toute une panoplie d'instruments sur scène. Quelles en sont les origines ?

J.B. : Sonneur de cornemuse, j'en possède une de Galice, la gaïta, j'ai aussi une cornemuse 16 pouces du centre de la France, et une petite cornemuse de Moldavie que j'adore parce qu'elle est à anche simple, qu'elle a un son très intéressant. CMTRA : C'est un instrument que tu as rapporté d'un voyage ?

J.B. : Oui, je suis allé en Moldavie, elle m'a été offerte par Vladimir Iorga, très connu là-bas, grand musicien et fabricant notamment du fameux Iorgaphone. D'autre part, j'ai une épinette qui n'est pas des Vosges, que j'ai acheté, il y a plus de vingt ans. Cette épinette a une partie de la touche du dulcimer avec bien sûr tous les bourdons de l'épinette, mais sa particularité c'est d'avoir une double caisse de résonance, et surtout les cordes sont placées sur un os, ce qui fait qu'elles vibrent et bourdonnent comme les bourdons d'une tampura ou d'un cythare indien.

Je joue encore d'une flûte qui s'appelle la fuyara : c'est une flûte harmonique de berger slovaque qui fait à peu près deux mètres de haut. Elle a cinq octaves et trois trous avec la singularité que l'on entende beaucoup le souffle, un peu comme le didjéridoo sauf qu'elle est plus harmonique parce qu'il y a des notes. C'est un artisan qui me l'a fabriqué.

Et puis, je joue bien sûr de nombreuses percussions, c'est mon passé "folkeux" : le triangle par exemple, qui est un instrument incroyable parce que même avec une batterie, on l'entend toujours. J'utilise des coquilles Saint-Jacques, tradition empruntée à la Galice, des colliers de grelots, je joue aussi du bodhran mais sur un bendir, parce que j'aime bien le côté des cordes qui vibrent derrière. Je me sers en fait de la batte du bodhran pour frapper le bendir.

Je suis un amoureux de tous ces sons insolites joués un peu partout dans le monde, et je trouve que c'est bien de les mélanger à des musiques plus actuelles. Je pense que si on a un rock à forger, ici en France, on a beaucoup à tirer des musiques traditionnelles. CMTRA : On vous a catalogué comme un groupe de "musiques celtiques", chose que vous ne revendiquez pas, parce que vous interprétez, ou vous vous inspirez de différents répertoires, quels sont-ils ?

J.B. : On a appelé notre musique "folk rock endiablé". Nous allons faire un forum FNAC à Valence en juin, et c'est vrai qu'ils souhaitent utiliser le mot "celtique" pour vendre nos disques. On joue effectivement quelques morceaux irlandais, bretons, galiciens, mais on interprète aussi de vielles chansons que l'on aime. Ce sont par exemple des chansons d'Ile de France comme "Ils étaient trois' p'tits frèr' en France", ou encore "Honoré mon enfant", chanson québécoise, "La Mule" que Malicorne chantait, qui est une chanson de sorcellerie.

Ce sont les belles histoires qui nous attirent, une chanson c'est un conte accompagné de musique, quand elle nous plait, on la chante, c'est aussi simple que cela. CMTRA : Vous dépassez les frontières dans le choix de vos instruments, est-ce que vous chantez en langue étrangère ou est-ce qu'il vous est arrivé d'avoir envie de traduire un texte pour le chanter en français ?

J.B. : Nous chantons uniquement en français. Je comprends que les Bretons ou les Occitans s'expriment dans leur langue car ils en ont une culture vivante ce qui n'est pas notre cas. Surtout, nous sommes très sensibles à la musique des mots, et dans le répertoire traditionnel certaines chansons sont magnifiques, dégagent beaucoup d'émotions, d'autres jouent avec le rythme. Quant à traduire un texte en français pourquoi pas ? CMTRA : Comment vois-tu l'avenir de Robert Le Diable qui vient de sortir son premier CD " Des Maux " ?

J.B. : C'est un CD cinq titres qui nous sert à trouver des contrats, mais il se trouve qu'on y a mis tout notre cur, et les gens l'aiment, puisqu'on le vend bien à chaque concert. Les FNAC commencent aussi à en vendre. Cela nous encourage beaucoup. L'avenir, c'est dans un premier temps, travailler cet hiver sur un CD quatorze ou quinze titres avec plus de moyens.

Aujourd'hui, on a l'expérience du studio d'enregistrement, et je pense que la prochaine fois, nous arriverons plus forts au studio parce qu'on sera plus déterminé sur le choix des sons. L'avenir, c'est aussi, je l'espère, plein de concerts. Ce qui est agréable, c'est de voir que notre musique plaît non seulement aux aficionados du folk mais aussi à un nouveau public dans lequel on trouve des jeunes.

C'est intéressant de voir les gens découvrir ou redécouvrir un répertoire de chansons anciennes comme "Compagnons de la Marjolaine", une chanson que l'on nous chantait quand on était petit. Arrangée à la sauce Robert Le Diable, elle est parfaitement adoptée par le public. CMTRA : Le groupe a envie de se professionnaliser ?

J.B. : Oui, mais ce n'est pas simple, car personnellement, je suis éclairagiste, donc j'ai déjà un pied dans ce métier, mais pour les autres qui ont tous une activité professionnelle hors du spectacle, il est plus difficile de concilier les deux.

On a tous ce désir de passer notre temps à travailler cette musique que l'on aime. Elle nous demande beaucoup de temps et nous professionnaliser nous permettra de nous y consacrer pleinement. Beaucoup de groupes créent une musique d'inspiration traditionnelle, malheureusement les grands médias ne les diffusent pas assez. C'est regrettable car cela aiderait beaucoup de musiciens à se professionnaliser. Propos recueillis par C.C. Renseignements

Robert le Diable Tél : 04 75 45 39 80

Musique au Parc / Association La Claire Fontaine

Tél : 04 75 45 39 80 / 04 75 72 18 36

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