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Couleur Voix, entre Mongolie et Madagascar
festival en Beaujolais - Continents et Cultures (69)

Entretien avec Yves Pignard CMTRA : Festival en Beaujolais, Continents et Cultures : peut-on lire dans ce nom symbolique un résumé de vos actions ?

Yves Pignard : Oui en effet. Dans ces deux noms "Festival en Beaujolais", pour l'entité régionale et "Continents et Cultures", pour l'ouverture culturelle, se situe toute l'originalité de cette manifestation. Le Festival en Beaujolais s'est ancré au fil du temps dans un périmètre, cependant que son projet s'affinait. Il ne rejoint pas un phénomène de mode en parlant des cultures du monde.

Depuis 20 ans que le festival existe, les portes se sont ouvertes, les gens se sont rencontrés à travers cet événement. L'idée première était d'abord de créer un Centre Culturel qui irait de ville en ville dans une itinérance synonyme de nomadisme. La question essentielle a vite été, alors que le Beaujolais est connu en tant que tel dans le monde entier, de savoir comment il pouvait accueillir le monde. La terre de Beaujolais a en effet toujours été une terre de partage, de rencontre, de confrontation depuis le XIIe siècle à l'époque des Sires de Beaujeu.

La réponse proposée par le Festival permet aujourd'hui de recenser 140.000 spectateurs accueillis, 350 spectacles programmés, 20 créations, 5400 artistes invités et 95 nations représentées. Il est important de préciser que ce festival n'est pas uniquement musical, même si la musique y prend une grande importance. CMTRA : C'est aussi le directeur du Théâtre des Marronniers qui parle, avec une conception très large de l'action culturelle ?

Y.P. : Oui, bien sûr, car je crois que traîter des cultures du monde doit se faire par une expression pluridisciplinaire : la parole, l'image, la voix, la musique... bref, par l'utilisation des langages qui constituent les véritables racines de l'homme. CMTRA : Le Festival en Beaujolais n'a-t'il pas inauguré beaucoup de formules, reprises ici ou là en Rhône-Alpes : par exemple le défilé-parade ?

Y.P. : Personne ne détient un copyright de festival, mais je crois en effet que beaucoup d'actions, initiées icic, sont reprises ailleurs, et c'est tant mieux ! Cela m'amène à affirmer qu'il faut être extrêment vigilant avec ces modes : les musiques du monde, les cultures du monde, l'Europe sans frontière sont faits de multiples langages.

Un projet culturel comme celui-ci doit, au fil du temps, parciper à éduquer un public pour l'ouvrir vers ces cultures d'ailleurs, pour comprendre ses différences, et développer une certaine forme de tolérance. C'est le travail du laboureur... Chez nous il y a 24 communes concernées, du milieu rural à des milieux semi-urbain et urbain : c'est l'originalité du festival et du Centre Culturel Associatif Beaujolais que de travailler sur un bassin de vie, au nord du département du Rhône.

L'une des idées qui a fait école est certainement celle du Défilé­Parade. Cette idée nous était venue il y a 10 ans pour montrer les cultures du monde, pour faire évoluer les mentalités et ouvrir chacun d'entre-nous. Nous avons donc voulu un événement qui démarre dans la rue, montrant les couleurs du monde : d'où le projet de Défilé, préparé par des ateliers de pratique artistique animés par des danseurs, musiciens, chanteurs qui travaillent dans les différentes écoles où le Centre Culturel Associatif Beaujolais intervient. A ces ateliers sont associées des compagnies de spectacle de rue travaillant sur le langage des cultures du monde. C'est comme cela que Zanka et la Compagnie de Margot Carrière ont débuté véritablement l'aventure qui est la leur aujourd'hui.

Nous avons baptisé ce défilé "Terre-Planète-Couleurs", une heure et demie d'une immense parade itinérante dans les rues de Villefranche-sur-Saône, dans la continuité de la grande traditIon des Défilés de Conscrits qui existent depuis plus de cent ans, et où toute la ville est mobilisée. Cette année, nous aurons une nouvelle édition du Défilé-Parade, le 1er juillet avec, bien sûr, Zanka, Traction Avant, la compagnie Filao, des chants, des danses, et plus de 100 jeunes de différents centres de quartiers de Villefranche. Ils ont travaillé toute l'année sur une parade dont le thème est celui du Vent et des Senteurs de la Terre. Nous accueillerons un artiste afghan qui fabrique des cerfs-volants immenses de 2 mètres d'envergure...

Notre projet pour l'année scolaire prochaine est une grande exposition sur les cerfs-volants, avec des ateliers qui prendraient vie dès le mois de décembre dans différentes écoles. CMTRA : Le festival engendre donc des activités toute l'année ?

Y.P. : A mon avis il est facile de faire une programmation de spectacles, mais plus difficile de créer un véritable projet culturel autour de cela. Lorsque l'on regarde le Festival en Beaujolais, il y a les Nuits du Festival, qui est la forme la plus classique de spectacle, mais il y a aussi les Rendez-vous Champêtres, les Villages-Rencontres.

Cela veut dire qu'il se passe quelque chose à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, sur une place, dans une salle : une rencontre, un entretien avec des artistes qui viennent peut-être de l'autre bout du monde, et les gens qui vivent en Beaujolais. Ou encore les "Dîners de l'Été" où l'on associe la gastronomie à une soirée du festival. On casse toutes les barrières de lieux fixes, de lieux traditionnels pour vraiment faire en sorte que le festival irrigue tout un territoire. Encore une idée qui a été reprise ailleurs... CMTRA : Comment Yves Pignard, l'homme de théâtre, le comédien et le metteur en scène, directeur du Théâtre des Marronniers, crée-t'il un lien avec ce festival ?

Y.P. : La gestion est totalement dissociée, c'est très important. Le Théâtre des Marronniers a son propre projet culturel à Lyon, et le Centre Culturel Associatif Beaujolais a le sien en Beaujolais. Ils ont un même directeur, mais qui fait complètement la séparation entre les deux.

Par contre des passerelles peuvent être mises en place pour que des projets aillent aussi bien d'un côté que de l'autre. Mais, je dirais que ce sont plus des projets "Marronniers" qui partent vers le Beaujolais, grâce à toutes les compagnies que l'on reçoit. En tant qu'homme de théâtre, mes sensibilités font que, dans le festival en Beaujolais, figure toujours une touche théâtrale.

C'est peut-être ce qui rend notre festival un peu atypique parce qu'il n'est pas branché essentiellement musiques du monde, mais beaucoup plus concerné par les "cultures" du monde, au sens général du terme. CMTRA : Ne craignez-vous pas l'effet patchwork, un peu de tout sans lien cohérent ?

Y.P. : On me demande souvent : "Est-ce que vous avez un fil conducteur ?" J'ai mon fil conducteur, c'est "la planète Terre" (rires). Il est vrai que l'on pourrait orienter le festival par exemple sur la thématique de "la Route de la Soie" comme la Biennale, mais j'ai envie pendant 7 semaines d'un véritable bain de plaisir, un bain de jouvence où toutes les cultures peuvent se rencontrer, où les cultures peuvent tendre l'oreille les une vers les autres. Je crois que c'est important, et c'est peut-être ce qui fait la force de ce festival : il est populaire dans le bon sens du terme, et n'est aucunement populiste. Il se situe toujours entre tradition et modernité.

Tradition de certaines choses bien acquises, et modernité vers des choses à venir. Je préfère l'appellation de "rencontres culturelles" à celle de "patchwork" : cela pourrait être n'importe quoi, mais on recherche constamment des liens. Par exemple cette "Nuit des Conversations Musicales" que nous proposons le 4 juillet qui présentera des joutes musicales entre instrumentistes d'origines traditionnelles différentes, qui se répondront chacun dans leur langue, le tout sous une immense tente conçue pour le spectacle. Cette coproduction est réalisée avec 20 théâtres de la région parisienne.

C'est un projet qui me tient particulièrement à cur, parce que ce sont les racines du festival, y compris l'itinérance avec le public complètement intégré dans un projet culturel, inséré au milieu des musiciens. CMTRA : Le Festival explore aussi les voix du monde cette année ?

Y.P. : Toute une semaine est consacrée à la "Couleur Voix" : montrer la voix humaine dans tous ses états à partir de chants traditionnels. Par exemple les chants diphoniques de Mongolie dont on a pu entendre quelque illustrations contemporaines au Printemps de Pérouges cette année.

Nous invitons le groupe Huun Huur Tu, quatre bergers mongols que nous allons intégrer à des lieux magiques, à Villier-Morgon ou dans l'ancienne chapelle du château de Châtillon-d'Azergues.

Ou encore l'ensemble vocal Voskressenie de Moscou, un chur original mixte constitué de 12 grands chanteurs professionnels des églises moscovites.

Et puis l'ensemble Colenso Abafana Benkokhelo, présentant des polyphonies et de danses zoulous d'Afrique du Sud. Ce sont de jeunes artistes qui ont retrouvé le répertoire des esclaves qui travaillaient dans les mines d'or. Et aussi le quartet malgache Mavana, quartet de quatre voix féminines de l'île de Madagascar. CMTRA : Festival en Beaujolais, c'est aussi une entreprise cuturelle d'envergure ?

Y.P. : Notre club d'entreprises partenaires est fabuleux : 40 entreprises sont associées à ce festival. Une éthique a été établie, il n'y a aucun logo, toutes les entreprises sont mentionnées avec la même typographie : on voit bien qu'il ne s'agit pas d'une opération de marketing. Il y a surtout un projet qui les intéresse, et c'est ce risque de la rencontre avec les autres, au-delà de la simple logique d'un achat de place.

Nous leur ouvrons tout un éventail, animation au sein de l'entreprise, accueil des clients, des salariés. Nous avons un spécialiste du relationnel avec le monde économique qui travaille sur ce pôle d'entreprises partenaires tout au long de l'année. Nous avons 55 établissements scolaires qui travaillent avec nous en permanence par des ateliers pratique artistique, des spectacles Jeunes Public, 15 compagnies en Rhône-Alpes qui chaque saison viennent en Beaujolais : des compagnies de théâtre, des ensembles de musique, de danse, des concerts éducatifs c'est tout le terreau du public de demain.

L'équipe, c'est 8 permanents qui travaillent toute l'année, et une vingtaine de personnes en intermittence ou vacataire, pour cette période du festival. Et bien sûr de très nombreux bénévoles, essentiels, pour qui la culture doit vivre intensément.

Pour conclure, notre politique tarifaire continue à faire de nous l'un des festivals les moins chers de France, grâce aux aides de nos partenaires publics : communes, département, région, ministères... Yves Pignard, directeur du Festival en Beaujolais, directeur du Théâtre des Marronnier. Propos recueillis par EM. Renseignements

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