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Passeport pour les musiques tsiganes
Loulou Djine

Entretien avec Dragan Urlic, violoniste, fondateur du groupe Loulou Djine CMTRA : Tu as créé Loulou Djine en 1994. Quel a été ton cheminement sur ces presque 10 ans ?

Dragan Urlic : Au départ, j'ai créé une formation à deux, qui s'est élargie et finalement stabilisée à cinq en 1998. On est devenu un groupe qui a derrière lui entre 250 et 300 concerts dans les festivals les plus prestigieux, en France et à l'étranger. Vous avez joué pour la communauté de l'ex-Yougoslavie en France ?

Quand je suis arrivé ici, je fuyais la guerre en Bosnie. Arrivé en France, je ne voulais pas trop me mêler aux gens de la communauté yougoslave, que ce soit les catholiques, les orthodoxes ou les musulmans. Je voulais faire une musique qui n'avait pas de couleur, et je me suis orienté vers la musique tsigane, qui pour moi n'avait pas de couleur, pas d'odeur. C'est une musique qui donne à chacun le passeport pour entrer et sortir quand il veut, une liberté. J'ai joué surtout pour des Français qui aimaient les musiques de l'Est et des Balkans, quelques fois pour des gens originaires des Balkans, mais sans connotation nationaliste. Est-ce que la musique tsigane permet de dépasser les appartenances nationales ?

C'est une musique qui rassemble ; le leitmotiv de cette musique est l'envie de bouger, d'oublier les différences. C'est vrai qu'il y a une sorte de haine "raciale" contre les Tsiganes ; depuis leur arrivée en Europe, ils ont été chassés par tout le monde, mais ils ont toujours essayé d'intégrer à leur musique des influences des pays où ils se sont installés. L'ex-Yougoslavie est un carrefour culturel, des religions, un lieu de passage d'armées, qui porte les traces de nombreux envahisseurs.

Cette région a été, pendant 500 ans sous domination turque. Il y a des traces ottomanes dans la musique, mais aussi des pays orthodoxes (Russie, Roumanie, Bulgarie), d'autres pays de l'Est et des influences occidentales. Le pays était communiste, mais assez ouvert à toutes les influences musicales, ce qui fait un mélange de l'Occident, de l'Est, et de l'Orient, que l'on retrouve dans la musique tsigane. Le passage de la musique classique à la musique tsigane était-il facile ?

J'ai commencé à faire de la musique classique assez jeune ; j'ai été au Conservatoire national, à l'Opéra national et à l'Orchestre philharmonique. La volonté de s'éloigner du thème, d'avoir une liberté d'expression, m'a attiré vers les musiques improvisées. En musique classique, on ne peut être qu'interprète, dans le cadre d'une partition. Les musiques improvisées et donc la musique tsigane nous donnent une certaine liberté ; on ne peut jamais faire exactement la même chose, c'est une musique qui joue beaucoup avec les sentiments, et selon qu'on se sente triste ou joyeux, les improvisations sont différentes.

Ce passage n'était pas évident, dans ma tête j'étais assez bloqué par les idées classiques et un peu paniqué. Chaque fois qu'on joue une note improvisée on se retrouve dans une broussaille et on brise notre schéma, sans savoir où on va sortir. La musique tsigane est assez rigoureuse, elle a ses formes, mais, à l'intérieur, on a une liberté énorme. Quel répertoire jouez-vous ?

Sur notre premier disque "Aldranidjo", réédité récemment chez Next Music, je voulais essayer de présenter quelques grands classiques de cette musique, pour montrer nos racines. Il y a des morceaux qui entrent vraiment dans le folkore de la musique tsigane, avec cette spécificité des différentes influences qu'on trouve dans les Balkans. Nous jouons aussi mes compositions. Sur ce disque, on présente un éventail des musiques tsiganes peu côtoyées au quotidien, pour donner une idée plus large de cette musique. Quand j'ai commencé à la jouer, je ne voulais pas en faire une image caricaturale, mais l'ouvrir aux gens qui n'en avaient pas une idée précise et avaient envie de la découvrir. Et l'avenir de Loulou Djine ... ?

Nous avons un deuxième disque, plus avancé au niveau musical. On est allé chercher encore plus loin pour trouver des mélodies mal connues. A la formation de base, on a ajouté un trio à cordes classique, une cornemuse bulgare, un accordéon, une danseuse, des percussions, etc., ce qui nous donne la possibilité d'occuper de grosses scènes. C'est une autre dimension, avec beaucoup de voix, et des arrangements enrichis. Sur certains morceaux, on n'est plus dans la musique tsigane "pure", cela donne une ouverture énorme. Propos recueillis par D.H. Ecoute en ligne sur www.vitaminic.fr Contact

[louloudjine@hotmail.com->louloudjine@hotmail.com]

Tél./fax : 01.44.52.03.39 Concert

7 novembre, au Centre Culturel Charlie Chaplin Vaulx-en-Velin


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